Accord UE–Mercosur : un révélateur du dysfonctionnement démocratique de l’Union européenne

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur a été négocié et porté par la Commission européenne, malgré une contestation forte et durable dans de nombreux États membres. En France, cette opposition est particulièrement marquée chez les agriculteurs et agricultrices, qui dénoncent un accord mettant en concurrence des modèles agricoles incompatibles, fragilisant les revenus, les normes sanitaires, environnementales et la souveraineté alimentaire.
Aujourd’hui, le Parlement européen a voté, à dix voix près, la demande de vérification de la légalité de cet accord devant la Cour de justice de l’Union européenne. Ce vote montre clairement que l’accord UE–Mercosur ne fait pas consensus au sein des institutions européennes et qu’il est loin d’être accepté de manière écrasante, contrairement au discours porté par ses défenseurs.
Ce résultat met en lumière le fonctionnement profondément déséquilibré de l’Union européenne. Le Parlement européen est la seule institution élue au suffrage universel direct, mais il ne dispose pas du pouvoir décisionnel final sur ce type d’accord. Le Conseil, qui représente les États, est à ce jour la seule institution à avoir validé le traité. Malgré le signal politique envoyé par le vote de ce jour, l’accord pourrait donc entrer en application, illustrant une nouvelle fois l’écart entre les citoyens européens et les décisions prises à leur nom.
Pour l’Union Démocratique Bretonne, ce cas révèle une Union européenne encore largement construite comme une Europe des États et des intérêts économiques, où les choix structurants peuvent être imposés sans réel consentement démocratique. Ce mode de fonctionnement alimente la défiance, affaiblit le projet européen et empêche l’Union de s’imposer comme une puissance politique respectée à l’échelle mondiale.
Pourtant, il ne s’agit pas de renoncer à l’Europe. Au contraire, il est nécessaire de continuer à la construire, mais sur de nouvelles bases. Une Union européenne démocratique, fondée sur les citoyens, les territoires et les peuples qui la composent, et non uniquement sur le libre-échange et la compétition économique. Une Europe capable de protéger, de réguler, et de porter un projet politique, social et écologique commun.
C’est à cette condition que l’Union européenne pourra regagner la confiance des citoyens et devenir une institution forte, légitime et respectée sur la scène internationale.
Lydie Massard & Tifenn Siret porte-paroles de l’UDB