Ernest Page : aux origines anglo-saxonnes oubliées

Ernest Page fut une figure centrale de l’histoire politique et culturelle de la Vallée d’Aoste. Fondateur de l’Union Valdôtaine, assesseur de la commune d’Aoste puis assesseur à l’Instruction publique lors du premier Conseil de la Vallée (1946-1948), il fut ensuite sénateur de la République pendant une décennie. Avocat estimé, il obtint son diplôme à l’Université de Turin avec une thèse intitulée « Pour une plus grande autonomie communale » et obtint également l’agrégation pour l’enseignement de la langue française, qu’il défendit avec constance comme élément fondamental de l’identité valdôtaine.
Aux côtés d’Émile Chanoux, il participa à la Déclaration de Chivasso et fut témoin des phases les plus complexes de l’après-guerre. Federico Chabod le qualifia de « plus en colère des annexistes », expression qui traduit avec force l’intensité de son engagement politique. À ce propos, un épisode survenu lors du Conseil communal d’Aoste du 21 janvier dernier est emblématique : deux conseillers prononcèrent le nom de Page selon la phonétique anglaise (peɪdʒ) au lieu du français (paʒ). Une erreur qui, plus que mille mots, révèle combien l’histoire valdôtaine et la figure de Page sont encore aujourd’hui peu ou mal connues, et combien le sens de sa thèse de jeunesse – Pour une plus grande autonomie communale – est décidément mal interprété.
Au-delà de cela, Ernest Page demeure dans la mémoire collective comme un défenseur infatigable de la langue française, promoteur de nouvelles institutions scolaires et auteur de nombreux essais consacrés à la Vallée d’Aoste, à son autonomie et à la préservation de son identité historique et culturelle.
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