Quand l’homme et l’institution se rencontrent : Émile Chanoux et le Conseil de la Vallée

Nous nous préparons à célébrer le quatre-vingtième anniversaire du premier Conseil de la Vallée, réuni le 10 janvier 1946 : une date fondatrice, qui marque la naissance de la démocratie et de l’autonomie de la Vallée d’Aoste, au lendemain des ruines morales et matérielles laissées par la guerre et le fascisme.
À ce rendez-vous avec l’histoire s’ajoute une autre commémoration, moins évidente peut-être, mais profondément liée à la première. La veille, le 9 janvier, nous célébrons la naissance d’Émile Chanoux, dont nous marquons aujourd’hui les 120 ans. Cette proximité temporelle souligne le lien indissoluble entre l’homme et l’institution, entre la vision et sa réalisation.
Même si sa vision aspirait à une Vallée d’Aoste plus libre, il serait impossible de ne pas reconnaître à Émile Chanoux et à la Jeune Vallée d’Aoste des contributions décisives, qui, au fil des années, ont restauré à la Vallée d’Aoste sa pleine dignité institutionnelle.
Ainsi, le lendemain du généthliaque de Chanoux, la Vallée d’Aoste rend hommage au père de son autonomie, en rappelant combien ses idées ont trouvé une traduction concrète dans le premier Conseil de la Vallée, donnant voix à une autonomie fondée sur la démocratie, le respect des communautés et la protection des spécificités linguistiques et culturelles.
Ce n’est pas un hasard si son portrait trônait sur le mur derrière la Présidence, dans cette salle qui accueillit les séances du Conseil de la Vallée jusqu’à la construction du nouveau Palais régional, dans les années soixante du siècle dernier. Une présence à la fois symbolique et silencieuse, qui rappelle à celles et ceux appelés à décider que l’autonomie n’est pas seulement une structure institutionnelle, mais un héritage moral à honorer et à renouveler chaque jour.